Manchester City - Bayern (3-0) 1/4 de finale aller LDC
- 12 avr. 2023
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Manchester City humilie le Bayern à l'Etihad pour cette première manche, dans l'une des plus grandes performances collectives de l'histoire de la Ligue des Champions. Les hommes de Guardiola ont un pied et demi en demie finale de la Ligue des Champions et font figure de favoris pour la remporter. Dans le même temps, l'Inter s'est imposé 2-0 sur la pelouse de Benfica et a aussi pris une belle option sur la qualification en demie finale.

La compo de Guardiola et sa pratique sur le terrain
Même si tous les joueurs de City ont été excellents, la tactique mise en place par Pep Guardiola possède plusieurs éléments clés : Stones, Gundogan et Bernardo Silva.

Si le choix de l'espagnol de titulariser Bernardo Silva a étonné vu la forme actuelle de Riyad Mahrez, avec la prestation du portugais Guardiola a fermé la bouche des sceptiques. En effet, le portugais a été un vrai poison pour le Bayern, il est récompensé par un but sur un très bon centre d'Erling Haaland, au delà de son but son apport à la fois au coeur du jeu et sur l'aile a permis à City d'attaquer de manières différentes, avec une telle méthode il devient compliqué pour la défense du Bayern de coulisser correctement car il y a toujours un ou deux électrons libre entre le milieu et la défense, et un va aussi occuper le latéral ( c'était Bernardo Silva). Pour réussir dans un tel rôle où l'espace est très rare, il faut une maîtrise technique unique, voilà pourquoi Bernardo Silva a été préféré à Mahrez. Bien que Riyad Mahrez est un joueur très fin techniquement, des joueurs capables de créer des différences dans de si petits espaces et avec un QI football aussi haut il n'en existe pas beaucoup. C'est d'ailleurs Bernardo qui fait la passe à Rodri avant son missile dans la lucarne de Sommer. L'action référence de ce match reste le triple petit pont dans un mouchoir de poche, un pour Goretzka et deux pour Davies qui a passé une soirée vraiment compliquée. Enfin, l'apport physique de Silva était aussi fondamental, lui qui court énormément a pu servir le pressing infernal mené par City.

Le positionnement de John Stones, (élu homme du match) : Sur la feuille de match il est soit positionné comme le deuxième défenseur central, soit comme le deuxième milieu défensif, en réalité il est les deux. Pep Guardiola a fait de Stones à la base uniquement défenseur central un vrai 6 capable de jouer avec Rodri. C'est ce positionnement ( et les 4 défenseurs centraux alignés) qui permet à City de jouer aussi haut sereinement, Rodri est plus libre sans risquer d'être surpris en cas de contre attaque. Cela s'illustre par le missile envoyé par Rodri pour ouvrir le score, plus libre et Kimmich met du temps à sortir sur lui, City ne pardonne pas. Aussi, Stones n'est pas cantonné à une position défensive, il est passeur décisif pour Haaland (76e).

Enfin, le jeu d'Ilkay Gündogan garantit l'équilibre offensif et défensif de Manchester City. Gundogan est le deuxième électron libre avec Bernardo Silva, si Bernardo est l'électron plutôt offensif qui va rester dans une position avancée et déclencher le premier pressing et Stones la deuxième sentinelle qui redevient défenseur en phase défensive, et bien Gundogan oscille entre les deux. L'allemand est à la relance de Man City afin de se défaire du pressing du Bayern, puis il est aux avants postes pour apporter du soutien à Jack Grealish sur le côté gauche ou servir de relais à De Bruyne et Haaland. Si Haaland décroche pour jouer en tant que pivot, c'est lui qui se présente dans la surface de réparation. L'apport de Gündogan est immense, il facilite le jeu de City et les tâches de ses coéquipiers et en plus il ne ménage pas ses efforts.
Pour détailler la tactique de Guardiola il faudrait bien plus d'explications, mais ceci est un aperçu du rôle particulier qu'il donne à 3 joueurs.
Le top/flop du Bayern :
Malgré le score large, tout n'est pas à jeter côté bavarois, certains joueurs ont répondu présents en livrant un match digne d'un 1/4 de finale de Ligue des Champions, pour d'autres c'était beaucoup plus compliqué.
Parmi les meilleurs joueurs du Bayern hier soir, Yann Sommer est incontestable tant il a sauvé son équipe même si son match a débuté par une erreur qui a failli donner un but à Haaland. Pour résumer ses arrêts décisifs, à la 33e minute : arrêt du pied à bout portant sur Gundogan. A la 57e minute il repousse la frappe de Ruben Dias presque dans les 6 mètres qui était juste sous la barre. 87e minute, Sommer s'envole et repousse la tête de Rodri qui s'était élevé plus haut que tout le monde. Des arrêts compliqués qui évitent au Bayern un score bien plus large.
Ensuite, Benjamin Pavard, pour un latéral défensif son match est vraiment satisfaisant, il a réussi à couvrir pendant une bonne partie du match les bévues d'Upamecano et s'est sacrifié pour empêcher Haaland de marquer, la performance de Pavard n'est pas non plus une masterclass mais elle mérite d'être soulignée tant le Bayern a eu du mal.
Enfin, Leroy Sané a été le seul attaquant bavarois vraiment dangereux, 3 frappes, 2 cadrées qui ont mis Ederson en difficulté. Le reste de l'attaque a été largement maîtrisé par Dias, Aké et Akanji tous les 3 auteurs d'une grande performance.

Flops :
Comment ne pas mettre Dayot Upamecano, lui qui avait été si fort contre le PSG en 8e de finale, il s'est fait dévorer par City et offre le deuxième but en perdant le ballon devant sa surface face à Grealish. Il a été invisible sauf sur ses erreurs mais Tuchel l'a laissé sur le terrain. Après le deuxième but de City, il est totalement assommé.
Jamal Musiala est candidat pour le prix du pire joueur de la rencontre, le jeune allemand s'est compliqué la vie, toujours le dribble de trop, toujours trop de temps avant de lâcher le ballon. Alors, oui il y a des dribbles intéressants mais il joue trop compliqué, et s'enferme face à l'entonnoir des Skyblues. Il bute sur un superbe contre Dias sur une belle frappe qui avait pris Ederson à contre pied, à partir de la deuxième mi-temps on ne l'a plus du tout vu.
Thomas Tuchel, aussi un flop, l'entraîneur allemand a peut être manqué de pragmatisme, les dernières sorties du Bayern étaient avec Muller sur le terrain, et contre la meilleure équipe du monde, il décide de ne pas le titulariser, peut être que cela est lié à la blessure de Choupo-Moting afin de changer d'approche, mais un joueur comme Muller avec autant d'expérience aurait pu apporter beaucoup de simplicité au Bayern. Également, les changements tardifs n'ont pas aidé le Bayern, Mané rentre à la 70e, Muller et Cancelo à 10 minutes de la fin... Un peu court pour changer quoi que ce soit.
Auraient pu être inclus dans cette rubrique flop : Davies, Gnabry (invisible), Mané.

Un nouveau Haaland, Grealish répond aux attentes
Pep Guardiola est en train de transformer Erling Haaland, on le connaissait buteur, on le connaît aussi passeur, et quelle passe ! Son centre pour Bernardo Silva témoigne déjà d'une très bonne prise d'information et de décision et ensuite le centre est millimétré. En plus de cette passe D, Haaland s'est rendu disponible en pivot, avec des bonnes remises en une touche de balle, parfois dans la course de ses coéquipiers. Si avec son talent de tueur devant le but il commence à jouer aussi intelligemment à la construction... City risque d'être difficilement arrêtable.
Souvent critiqué l'an passé, c'est la saison de rédemption pour Jack Grealish, l'ailier anglais acheté 117M d'euros commence à justifier son transfert. Quelle justesse technique, que des dribbles réussis et qui apportent quelque chose, le Grealish de cette saison n'a plus rien à voir avec celui de l'an passé. Il a eu besoin d'un an d'adaptation mais le Grealish qui a fait les beaux jours d'Aston Villa est de retour.
City remporte ce match avec un XI de folie, sans oublier les remplaçants, Julian Alvarez, le champion du monde loupe le cadre de peu sur une superbe frappe lointaine, et, Mahrez, Foden et Walker n'ont pas joué. La profondeur de l'effectif de City est juste inégalable



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